Sionisme musulman(6)

Le discours coranique: La métaphore(2)

      Dans l'anarchie mondiale actuelle ou ce qu'on appelle « vide idéologique », la montée de l'islamisme à multiples discours souvent opposés, islamisme transnational qui, du point de vue occidental, menace la civilisation humaine, alors que le christianisme, souffrant déjà d'une laïcité ferme d'un Europe allant vers son unité politique, se trouve dans l'obligation d'attirer l'intention sur la valeur ajoutée de l'unité spirituelle, sur la base du christianisme qui caractérise l'identité européenne en particulier et, la civilisation  occidentale en général.
     Le pape Benoît XVI  propose un dialogue raisonnable, digne d'un occident raisonnable, car « agir avec violence est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l'âme ».
     Les mots
Violence, Dieu, Ame, sont incompréhensibles que dans le contexte culturel occidental. Dans la conception musulmane,  Dieu est transcendant et ne doit être conçu  en tant que sujet concret, ou lui attribuer une image quelconque : tout ce qu'on peut imaginer d'un objet quelconque n'admet aucune ressemblance à Dieu. De même que l'Ame  qui , dans la conception occidentale, est  l'essence indépendante du corps. Cette conception est étrange dans le contexte islamique où le mot prend le sens du mouvement essentiel du corps lui-même. L'âme et le corps sont indissociables l'un de l'autre. Quant à la  Violence , s'elle est l'acte où se manifeste la haine dans son état excessif, elle ne doit être absolument inutile.
     Ceux qui qualifiant l'Islam de violent, le font par comparaison  entre Mohammed et Jésus. Ils ferment les yeux de voir deux réalités historiques radicalement opposées l'une à l'autre. Jésus fut assurément l'expression profonde d'une conscience collective d'un peuple digne d'être souverain, en défaite quasi-totale, soumis à la domination, à l'humiliation  et dépourvu de tout moyen susceptible de permettre à nouveau la renaissance. S'affrontant aux autorités traditionnelles du peuple, celles des romains, était inévitable et rendait impossible sa mission. L'Evangile nous raconte que malgré les miracles dont le peuple lui-même fut témoin, personne n'aurait pu aller loin dans un projet de délivrance : Même les douze disciples l'ont trahis. Le projet de délivrance, puisque Jésus a été venu sauvez les âmes, avait constitué une menace au peuple, qui alors la force négative, n'ayant eu aucune attention d'affronter les romains, irait au contraire plus loin dans sa dénonciation, et serait soucieux de sa crucifixion.
     Certainement, le sort de Mohammed était autre. Après sept siècles d'histoire, dans un désert géographiquement isolé, loin de toute intervention extérieure autre que l'autorité tribale traditionnelle, la marge des libertés personnelles des individus, tout çà, allait en pair avec d'autres facteurs relatifs à la nature du message, détermineront du sort de toute l'Arabie.
     D'où vient au pape l'idée d'un islam violent ? «...à la lecture de l'édition publiée par le professeur Théodore Khoury (Munster) d'une partie du dialogue que le docte empereur Manuel II Paléologue, peut être au cours de son quartier d'hiver en 1391 à Ankara, entretint avec un persan cultivé sur le christianisme et l'islam et sur la vérité de chacun d'eux. ». Un dialogue qui  viendrait en mémoire de l'empereur après plus de six ans de sa date : «  L'on présume que l'empereur lui-même annota ce dialogue au cours du siège de Constantinople entre 1394 et 1402 » et « ainsi s'explique le fait que ses raisonnements (l'empereur) soient rapportés de manière beaucoup plus détaillés(sic) que ceux de son interlocuteur persan ». Le dialogue commente le pape «  porte sur l'étendue de la dimension des structures de la foi contenues dans la Bible et dans le Coran et s'arrête notamment sur l'image de Dieu et de l'homme, mais nécessairement aussi toujours à nouveau sur la relation entre- comme on le disait- les trois « lois » ou trois « ordre de vie », l'Ancien Testament-le Nouveau Testament-le Coran. ».  Le pape dans sa leçon, relativement au sujet de l'islam voudrait seulement aborder un «   argument assez marginal » dans la structure de l'ensemble du dialogue qui dans le contexte de son thème « foi et raison ». disait-il,  l'a  « fasciné » et lui servirait de point de départ à ses réflexion sur le thème.
     Ce qui a fasciné le pape n'est qu'un argument  «  assez marginal » dans toute la structure de l'entretien dont on rapporte des détails d'un seul interlocuteur entre un chrétien et un musulman. Le pape n'est pas sûr de toutes les données. « peut être », « l'on présume », «  ainsi s'explique » sont des expressions d'incertitude, outre quoi  nous pourrions passer si non cet «  argument assez marginal » qui servait de point de départ des réflexions assez dangereuses : Le pape semble présenter un empereur. En vérité il se cache derrière lui et rien ne le dénonce que ses propres commentaires qui viennent de temps à autre compléter un vide laissé où découvert par lui dans un entretien médiéval. 
    «  Dans le septième entretien (dialexis- controverse), nous relate-t-il, l'empereur aborde le thème du djihad, de la guerre sainte. Assurément (l'empereur) savait que dans la 2,256 on peut lire « Nulle contrainte en religion ! ». C'est l'une des sourates de la période initiale, disait les spécialistes (le pape, lui, en est il sûr ?), lorsque Mohamet lui-même n'avait encore aucun pouvoir et était menacé ». « Mais naturellement l'empereur connaissait (sic) aussi les dispositions développées par la suite et fixées dans le Coran à propos de la guerre sainte ». Négligeant quelques détails, l'empereur, continue le pape de commenter, s'adresse à son interlocuteur persan (alors absent) «dans une rudesse qui nous étonne » : « Montre moi donc ce que Mohamet à apporté de nouveau et tu n'y trouveras que des choses mauvaises et inhumaine, comme son mondât de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait ». Interrogation accusative ! Après  des explications vient l'affirmation selon laquelle la violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme : « Dieu n'apprécie pas le sang (...) ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l'âme non du corps ».
      On ne peut dire de cette déduction que logique et raisonnable du point de vue formel. Mais ( l'empereur qui nous rappelle l'esprit de l'Agora est innocent, il faut le reconnaître) les données coraniques contenues dans les commentaires ci-dessus sont tout à fait renversées. Le verset « Nulle contrainte en religion ! » 2,256 n'appartient pas à la période initiale, mais bien au contraire il est des versets de la seconde période. La deuxième sourate « La vache » dans toute son entierté,  est une sourate de Médine et  ne contient aucun verset mecquois. Ce fut à la seconde période lorsque Mohammed avait été fort puissant et nullement menacé. D'autant plus que les dispositions de la guerre sainte ont été déjà développées avant ce verset là dans la même sourate n°2 que les spécialistes du pape  dont il ne cite de nom, situent à  la première période.
     Prenons ces vérités pour évidentes par elles mêmes. Avant le V.256 de la deuxième sourate, le V.246 parle déjà du combat dans un dialogue entre « des notables parmi les enfants d'Israël » et un Prophète. Mais c'est dans le V.244 que le Coran s'adresse à la communauté nouvelle et ordonne le combat comme il a fait avant dans le V.216 et V.190-191. Ces versets de la même sourate évoquée par le pape (non l'empereur, je le répète) prescrivent le combat sans laisser à l'ombre bien sûr, d'en citer les raisons légitimes de cette procédure. Toutefois, la violence est l'acte où se manifeste la haine excessive peut exprimer un caractère pathologique dans l'aval d'une politique d'agression. Elle ne peut l'être lorsqu'elle traduit un acte préventif surtout dans un contexte hostile et guerrier.
       Le Coran légifère d'entreprendre une politique de prévention, le cas échéant  violente, conformément à la nature humaine. Faut-il se laisser donner à des politiciens qui, sur la base de la raison peuvent justifier une politique d'agression? Mais la question véritable à laquelle il faut s'attaquer est de savoir s'il existe des fils qui relient le Coran aux autres cultures qui le précèdent. Peut-on y trouver des composantes occidentales et asiatiques lointaines? Lesquelles ? Comment les identifier dans l'ensemble de la structure du discours coranique, ces composantes? Comment fonctionnent dans l'imaginaire arabe de jadis et ne cessent d'agir sur les esprits, aujourd'hui et demain, ces composantes?

     En tout  cas le pape court déjà derrière les politiciens et s'arrête de temps à autre devant  les guerriers du moyen âge pour ramasser des arguments assez marginaux fait de mots archaïques, incompréhensibles que dans leurs contextes culturels pour en tisser, peut être, des slogans égales au fameux slogan islamiste : L'islam est la solution !
     Et çà se passe en pleine anarchie créatrice de ce monde post-moderniste mondalisé. Comme tous les mauvais pères!

                                                                                         à suivre

Ingen kommentarer

Skriv en ny kommentar

Abdelkader Amlou

Abdelkader Amlou

56, Agdenes

Kategorier

Arkiv

hits